Pardonnez mon retard.
Séduction en forme de déclaration :
Quand s'arrêta mon coeur à la source d'Amour,
Il fut au désespoir de la trouver tarie.
Vous accusiez Limbo, à la peau de velours,
Mais ce fut oublier la beauté de Morri.
Sous la sèche oasis s'avancent caravanes,
Porteurs des blés flamands, même un trafiquant d'armes.
Rien n'a pu détrôner le concours de tes charmes.
Ô mes jours sont absents, reviens-moi Morrigane.
Car j'ai frotté la lampe et j'ai vu le génie,
Les plumes de cerise, les crânes en vernis.
Je ne me suis trompé. Quelle plus noble miss,
Puisque de la Beauté tu es l'ambassadrice ?
Tu es désir des vents, bourreau des palissades,
Toi seule as su calmer mes violentes dérades
En levant mes élans d'ineffables baisers.
Mais quoi ? - J'ai soif d'amour. Morri, viens m'apaiser.
N'accusez pas, sorciers, la blanche Alizea,
Sous l'adroite apparence, tous les parfums se fanent.
Il n'en demeura qu'un. Mes ombrages béats
Ne peuvent pas souffrir l'oubli de Morrigane.
J'ai voulu quelques fois ta fragrance en flacon,
Cannelle et hibiscus, et des vapeurs d'agrumes,
Sous la neige de Lynsk enseveli des brumes
J'ai reconnu ton nom, ma narine en flocon.
Que ce blême rayon éveille en moi cristaux,
Des reflets en bourgeons, anges orientaux.
Oui, je soupire encor cette effluve diaphane.
Que résonne longtemps le nom de Morrigane.
Mais j'en suis prisonnier, le coeur sous la soutane.
Oh je souffre à présent, oh oui je souffre bien.
Pourvu que je m'évade, que je m'évade loin
Par les cieux, - heureux comme avec Morrigane.
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